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Faire chou blanc : dĂ©finition & origine (expression) 📚
faire chou blanc définition signification origine

Publié le 14/05/2021
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DĂ©finition

Faire chou blanc signifie : Ă©chouer, rater, n’avoir rien trouvĂ©.

 

Faire chou blanc : origine de l’expression

Cette expression vient du jeu de quilles : faire chou blanc, c’est ne rien abattre. L’EncyclopĂ©die (1751 – 1765) explique ainsi :

On tire d’abord Ă  qui aura la boule. Celui Ă  qui elle est Ă©chue, joue le premier, & celui qui est Ă  jouer le dernier, met le but, Ă  moins que cet avantage n’accompagne la boule par convention faite. Il faut, pour gagner la partie, faire prĂ©cisĂ©ment le nombre de quilles qu’on a fixĂ© ; car si on le passe, on creve, & on perd la partie, quand celui contre qui l’on joue, n’en auroit pas mĂȘme abattu une.
Voyez Tiret la boule, Avoir la boule, Mettre le but & Crever, à leur article. Celui qui fait chou-blanc, perd son coup, c’est-à-dire, ne compte rien, puisqu’il n’a rien abattu.

Le mot passe au XIXe siĂšcle dans l’argot au sens d’« Ă©chouer ». Delvau note ainsi dans son dictionnaire de 1866 :

Faire chou-blanc. Échouer dans une entreprise ; manquer au rendez-vous d’amour ; revenir de la chasse le carnier vide, etc.

DÚs le XIXe, « chou blanc » est présenté comme une déformation par le patois du centre de la France de « faire coup blanc » :

[
] et le Glossaire du comte Jaubert nous apprend que chou se dit pour coup dans le patois du centre de la France, en vertu de la prĂ©dominance du ch sur le c. Or, cela connu, je suis autorisĂ© Ă  croire que,  la prononciation chou pour coup ayant parfaitement pu s’introduire en français comme terme du mĂȘme jeu, faire chou blanc n’est autre chose que faire coup blanc, un coup qui ne produit aucun rĂ©sultat pour le joueur.

Le Courrier de Vaugelas, 15 avril 1878

Le LittrĂ© suit cette explication. Toutefois, l’expression « faire coup blanc » n’est pas attestĂ©e (on ne la trouve pas dans les textes). Dans La Puce Ă  l’oreille, Duneton dĂ©veloppe une explication plus Ă©laborĂ©e. Selon lui, cette expression pourrait en effet venir de « coup blanc », et il donne deux exemples pour appuyer cette hypothĂšse  :

« Je les exhorte à prendre courage
 Mais trop peu en nombre, nos coups ne firent que blanchir » (Journaux camisards, 1730) – c’est-à-dire ne produisirent que de la fumée blanche dans le paysage, sans autre effet. Et aussi : « Laisse-moi jouer, je veux faire la blanche. – Oui, ton coup s’ra en blanc, mon fiston ! » (RÉTIF, Le Paysan perverti, 1782).

Le passage du « coup » au « chou » aurait pu naĂźtre dans les armĂ©es rĂ©volutionnaires par moquerie de l’accent paysan, mais Duneton relĂšve que rien ne l’atteste. Bref, il est bien plus probable que cette expression du jeu de quilles ait Ă©tĂ© construite Ă  partir de la valeur d’« Ă©chec » associĂ©e Ă  « chou», qui se retrouve par exemple dans « ĂȘtre dans les choux », et qui vient sĂ»rement de la paronymie entre « chou » et « Ă©-chou-er », et de la valeur de « vide », « manque », « vide » liĂ©e Ă  « blanc ».

À lire en cliquant ici : pourquoi dit-on « mĂ©nager la chĂšvre et chou » ?

 

Exemple

On avait voulu dĂźner tous ensemble le soir, aprĂšs le match, Ă  Paris, mais « chou blanc » : pas un seul restaurant n’a acceptĂ© de recevoir notre groupe.