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Les moments clés de la prise de la bastille
La Bastille dans les premiers jours de sa démolition

Publié le 27/03/2025
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La prise de la Bastille, survenue le 14 juillet 1789, est un événement fondateur de l’histoire de France. Cette journée marque le début de la Révolution française et symbolise la fin de l’Ancien Régime. Pour comprendre l’importance de cet épisode, il est essentiel d’examiner son contexte historique et sa portée symbolique.

La Bastille, forteresse médiévale située à l’est de Paris, était devenue au fil des siècles une prison d’État. Bien que peu de prisonniers y fussent détenus à l’époque, elle incarnait l’arbitraire du pouvoir royal et l’oppression de la monarchie absolue. Sa chute aux mains du peuple parisien allait devenir le symbole de la lutte contre le despotisme et l’avènement des idéaux de liberté et d’égalité.

Cet événement est central dans l’histoire française car il marque une rupture nette avec l’ordre établi. Il catalyse les aspirations de changement qui couvaient depuis longtemps dans la société française. La prise de la Bastille n’est pas seulement un fait d’armes, c’est un acte politique et symbolique puissant qui annonce la fin d’une époque et le début d’une ère nouvelle.

La Prise de la Bastille, par Jean-Pierre Houël (1789)
La Prise de la Bastille, par Jean-Pierre Houël (1789)

Contexte historique avant le 14 juillet 1789

La crise économique et sociale en France

À la veille de la Révolution, la France traverse une période de crise de subsistances aiguë. Les mauvaises récoltes successives, notamment celle de 1788, ont provoqué une hausse vertigineuse du prix du pain, aliment de base pour la majorité de la population. Selon les estimations de l’époque, le prix du pain a augmenté de près de 50% en quelques mois, plongeant de nombreuses familles dans la misère.

Cette situation économique désastreuse exacerbe les tensions sociales déjà existantes entre les différentes classes de la société française. Le Tiers état, qui représente la grande majorité de la population, supporte l’essentiel du poids fiscal tandis que la noblesse et le clergé bénéficient de nombreux privilèges. Cette inégalité criante alimente un profond ressentiment envers l’ordre établi.

Les États généraux et le Serment du Jeu de Paume

Face à la crise financière et sociale, le roi Louis XVI se résout à convoquer les États généraux en mai 1789, une assemblée des trois ordres (clergé, noblesse et Tiers état) qui ne s’était pas réunie depuis 1614. Cependant, cette tentative de résoudre la crise par les voies institutionnelles se solde rapidement par un échec. Les représentants du Tiers état, frustrés par le système de vote par ordre qui les désavantage, décident de se constituer en Assemblée nationale le 17 juin 1789.

Le 20 juin 1789, les députés du Tiers état, rejoints par certains membres du clergé et de la noblesse, prêtent le célèbre Serment du Jeu de paume. Ils jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France, défiant ainsi ouvertement l’autorité royale. Cet acte de désobéissance marque l’émergence de l’Assemblée nationale constituante et pose les jalons de la future révolution.

Les prémices de la révolte parisienne

Dans les jours qui précèdent le 14 juillet, Paris est en ébullition. La nouvelle du renvoi de Jacques Necker, ministre des Finances populaire auprès du peuple, le 11 juillet, met le feu aux poudres. Des barricades commencent à s’élever dans les rues de la capitale, tandis que des orateurs enflammés haranguent la foule au Palais-Royal.

Un élément crucial dans la montée de la tension est le rôle joué par les Gardes françaises. Ce régiment d’élite, chargé de la protection du roi, commence à fraterniser avec le peuple parisien. Leur ralliement à la cause populaire va s’avérer déterminant dans les événements à venir. Parallèlement, des milices populaires s’organisent, préfigurant la future Garde nationale.

La Prise de la Bastille, musée de la Révolution française.
La Prise de la Bastille, musée de la Révolution française.

Le déroulement de la prise de la Bastille

Les événements du matin du 14 juillet

La journée du 14 juillet 1789 commence dans un climat de grande tension. Dès l’aube, des groupes de Parisiens se dirigent vers l’Hôtel des Invalides, où sont entreposées des armes. Selon les récits de l’époque, près de 30 000 fusils sont saisis, ainsi que plusieurs canons. Cet armement massif des Parisiens constitue un tournant décisif dans la journée.

Vers midi, la foule, désormais armée et galvanisée, se tourne vers la Bastille. La forteresse, bien que peu garnie en prisonniers (elle n’en compte que sept à ce moment-là), représente un objectif symbolique fort. De plus, elle abrite une importante réserve de poudre, dont les insurgés ont besoin pour utiliser les armes prises aux Invalides.

L’assaut de la forteresse

L’arrivée des Parisiens devant la Bastille marque le début d’une journée sanglante. Le gouverneur de la forteresse, Bernard-René Jordan de Launay, tente dans un premier temps de négocier avec les émissaires envoyés par la foule. Cependant, ces pourparlers s’avèrent infructueux, la tension monte et la situation dégénère rapidement.

Vers 13h30, les premiers coups de feu éclatent. La garnison de la Bastille, composée d’une centaine d’Invalides et d’une trentaine de Suisses, ouvre le feu sur la foule. Les assaillants, malgré leur supériorité numérique, peinent à prendre l’avantage face aux défenses de la forteresse. Les combats sont violents et les pertes humaines significatives. On estime que près de 98 assaillants ont perdu la vie lors de cette journée, tandis que du côté des défenseurs, seul un soldat aurait été tué pendant l’assaut.

La reddition et ses conséquences immédiates

Vers 17h, la situation devient intenable pour les défenseurs de la Bastille. L’arrivée de renforts du côté des assaillants, notamment des Gardes françaises avec leurs canons, fait pencher la balance. Le gouverneur De Launay, voyant sa position compromise, décide de capituler. Il fait hisser un drapeau blanc et ordonne de baisser le pont-levis.

La reddition de la forteresse déclenche des scènes de liesse parmi les assaillants. Les sept prisonniers sont libérés et accueillis en héros par la foule. Cependant, l’euphorie de la victoire laisse rapidement place à des actes de violence. Le gouverneur De Launay, malgré les efforts de certains pour le protéger, est lynché par la foule en furie. Sa tête est coupée et promenée au bout d’une pique dans les rues de Paris, un acte qui préfigure la violence révolutionnaire à venir.

La forteresse est rapidement pillée et sa démolition commence dès le lendemain. Les pierres de la Bastille deviendront des reliques de la Révolution, certaines étant même transformées en bijoux commémoratifs.

Arrestation du gouverneur de la Bastille, Jean-Baptiste Lallemand
Arrestation du gouverneur de la Bastille, Jean-Baptiste Lallemand

Les acteurs clés de la journée

Le peuple parisien et les sans-culottes

Le rôle du peuple parisien dans la prise de la Bastille est central. Ce sont les habitants des faubourgs, artisans, ouvriers et petits commerçants, qui forment le gros des troupes d’assaillants. Parmi eux, les sans-culottes se distinguent par leur radicalité et leur détermination.

Ces hommes et ces femmes, poussés par la faim et l’espoir d’un changement, s’organisent spontanément pour mener l’assaut. Leur courage face aux canons de la forteresse et leur ténacité tout au long de la journée sont déterminants dans la victoire finale. La prise de la Bastille marque l’entrée du peuple sur la scène politique, un phénomène qui va profondément marquer le cours de la Révolution française.

Le gouverneur Bernard-René Jordan de Launay

Figure tragique de cette journée, le gouverneur De Launay incarne la résistance de l’Ancien Régime face à la poussée révolutionnaire. Nommé à ce poste en 1776, il se trouve dans une position délicate le 14 juillet 1789. Ses décisions durant l’événement ont été largement débattues par les historiens.

Dans un premier temps, De Launay tente de négocier avec les émissaires du peuple. Il propose même de se rendre à condition que la garnison puisse sortir avec les honneurs de la guerre. Cependant, face à l’impatience de la foule et à la menace d’un assaut imminent, il ordonne l’ouverture du feu. Cette décision, bien que compréhensible d’un point de vue militaire, scelle son sort et celui de la forteresse.

La fin tragique de De Launay, lynché et décapité par la foule malgré sa reddition, illustre la violence des passions révolutionnaires et la rupture brutale avec l’ordre ancien.

Les Gardes françaises et leur ralliement au peuple

Le rôle des Gardes françaises dans la prise de la Bastille est crucial. Ce régiment d’élite, théoriquement chargé de la protection du roi, bascule du côté des insurgés. Leur expertise militaire et leur armement, en particulier leurs canons, s’avèrent déterminants dans l’issue de la journée.

Le ralliement des Gardes françaises au peuple n’est pas un acte isolé du 14 juillet. Dans les jours précédents, de nombreux soldats avaient déjà fraternisé avec les Parisiens, refusant de réprimer les manifestations populaires. Leur choix de rejoindre l’insurrection marque une rupture profonde au sein de l’appareil militaire de la monarchie et préfigure les bouleversements à venir dans l’organisation de l’armée française.

Miniature de la Bastille sculptée dans une pierre de la Bastille
Miniature de la Bastille sculptée dans une pierre de la Bastille

Impact immédiat de la prise de la Bastille

Réactions à Paris et dans le royaume

La nouvelle de la chute de la Bastille se répand comme une traînée de poudre dans Paris et au-delà. Dans la capitale, l’événement galvanise les révolutionnaires et renforce leur détermination. La création d’une municipalité révolutionnaire, avec à sa tête Jean Sylvain Bailly comme maire de Paris, et la formation de la Garde nationale sous le commandement de La Fayette, sont des conséquences directes de cette journée.

Dans les provinces, l’impact est tout aussi important. La nouvelle de la prise de la Bastille déclenche ce que les historiens ont appelé la Grande Peur. Des rumeurs de complots aristocratiques se propagent, provoquant des soulèvements paysans et des attaques contre les châteaux. Cette vague de révoltes contribue à l’effondrement rapide des structures de l’Ancien Régime dans les campagnes françaises.

Conséquences politiques immédiates

La prise de la Bastille provoque un véritable séisme politique. Le roi Louis XVI, initialement informé de l’événement par le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, aurait répondu : “C’est une révolte ?”, ce à quoi le duc aurait rétorqué : “Non, Sire, c’est une révolution.” Cette anecdote, qu’elle soit véridique ou non, illustre bien le changement de paradigme que représente la prise de la Bastille.

Face à la situation, le roi est contraint de faire des concessions. Il ordonne le retrait des troupes royales de Paris et de Versailles, une décision qui affaiblit considérablement son pouvoir. De plus, il rappelle Jacques Necker, le ministre des Finances populaire dont le renvoi avait contribué à déclencher l’insurrection.

Un autre effet immédiat est la démission de plusieurs ministres réactionnaires, dont le baron de Breteuil. Ce remaniement ministériel marque un tournant dans la politique royale, qui se voit contrainte de composer avec les forces révolutionnaires.

Le 17 juillet, Louis XVI se rend à l’Hôtel de Ville de Paris, où il est accueilli par le nouveau maire, Jean Sylvain Bailly. Le roi arbore la cocarde tricolore, symbole de la Révolution, reconnaissant ainsi officiellement les changements en cours. Cet acte symbolique, bien que tardif, témoigne de la profonde transformation du paysage politique français en seulement quelques jours.

La prise de la Bastille comme symbole révolutionnaire

L’importance symbolique dans l’imaginaire collectif

La prise de la Bastille s’est rapidement imposée comme un symbole puissant de la Révolution française. Elle marque dans l’imaginaire collectif la transition vers une nouvelle ère politique, celle de la souveraineté populaire et de la fin de l’absolutisme monarchique.

Ce qui frappe dans cet événement, c’est sa force symbolique qui dépasse largement sa réalité militaire. En effet, la Bastille n’était plus à l’époque une prison surpeuplée, et sa prise n’a pas eu d’impact stratégique majeur. Cependant, elle incarnait l’arbitraire du pouvoir royal, et sa chute a été perçue comme la victoire du peuple sur l’oppression.

L’image de la forteresse tombant aux mains des Parisiens a été largement diffusée et mythifiée. Des gravures, des peintures et des récits ont contribué à forger une légende autour de cet événement. La Bastille est devenue un lieu de mémoire central de l’histoire française, symbolisant la lutte pour la liberté et les droits de l’homme.

La fête nationale du 14 juillet

L’importance symbolique de la prise de la Bastille s’est cristallisée dans l’adoption du 14 juillet comme fête nationale française. Cette décision, prise en 1880 sous la Troisième République, témoigne de la place centrale qu’occupe cet événement dans la construction de l’identité nationale française.

Le choix du 14 juillet comme jour férié n’a pas été sans débat. Certains auraient préféré commémorer le 4 août 1789, date de l’abolition des privilèges, ou encore le 21 septembre 1792, proclamation de la Première République. Cependant, c’est bien le 14 juillet qui s’est imposé, alliant la dimension populaire et révolutionnaire de 1789 à la célébration plus consensuelle de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790.

Aujourd’hui, le 14 juillet reste un moment fort de la vie nationale française. Il est marqué par des cérémonies officielles, dont le défilé militaire sur les Champs-Élysées, mais aussi par des festivités populaires dans tout le pays. Cette dualité entre célébration officielle et fête populaire reflète bien la double nature de la prise de la Bastille : événement historique et symbole révolutionnaire.

La Forteresse de la Bastille.
La Forteresse de la Bastille.

Analyse critique de l’événement

Une victoire populaire ou un acte symbolique ?

La prise de la Bastille a longtemps été présentée comme une victoire éclatante du peuple sur le despotisme. Cependant, les historiens modernes ont apporté des nuances importantes à cette interprétation. Il est aujourd’hui admis que l’importance stratégique réelle de la Bastille était limitée en 1789.

La forteresse ne contenait que sept prisonniers au moment de sa prise, dont aucun n’était un prisonnier politique de renom. De plus, Louis XVI avait déjà prévu de la faire démolir pour la remplacer par une place publique. Ces éléments ont conduit certains historiens à relativiser l’importance militaire de l’événement.

Néanmoins, il serait erroné de réduire la prise de la Bastille à un simple fait divers. Sa portée symbolique était immense. Elle a démontré la capacité du peuple à s’organiser et à renverser un symbole du pouvoir royal. De plus, la violence de la journée, avec ses morts et ses exécutions sommaires, a marqué une rupture irréversible avec l’ordre ancien.

Réécritures historiques et mythifications

L’interprétation de la prise de la Bastille a considérablement évolué au fil des siècles. Dès les lendemains de l’événement, un processus de mythification s’est mis en place. Des récits héroïques ont circulé, exagérant parfois le nombre de prisonniers libérés ou l’ampleur des combats.

Au XIXe siècle, les historiens romantiques comme Jules Michelet ont contribué à forger une image épique de l’événement, le présentant comme l’acte fondateur de la Révolution française. Cette vision a longtemps dominé l’historiographie et l’enseignement de l’histoire en France.

À partir de la seconde moitié du XXe siècle, une approche plus critique s’est développée. Des historiens comme François Furet ont remis en question certains aspects de la légende révolutionnaire, y compris celle de la Bastille. Sans nier l’importance de l’événement, ils ont cherché à le replacer dans son contexte historique précis.

Aujourd’hui, l’historiographie tend à adopter une position nuancée, reconnaissant à la fois la portée symbolique immense de la prise de la Bastille et les limites de sa réalité factuelle. Cette approche permet une compréhension plus fine de cet événement clé de l’histoire française.

Héritage culturel et commémorations

La prise de la Bastille dans les arts

L’impact de la prise de la Bastille sur les arts a été considérable et durable. Dès les lendemains de l’événement, de nombreuses représentations picturales ont vu le jour. Des peintres comme Jean-Pierre Houël ou Charles Thévenin ont immortalisé la scène, contribuant à forger l’imagerie révolutionnaire.

Au théâtre, la prise de la Bastille a inspiré de nombreuses pièces, tant à l’époque révolutionnaire que dans les siècles suivants. On peut citer par exemple “La Prise de la Bastille” de Pierre-Yves Barré, représentée dès 1789.

La littérature s’est également emparée du sujet. Victor Hugo, dans son roman “Quatrevingt-treize”, évoque la Bastille comme symbole de l’Ancien Régime. Plus récemment, des auteurs comme Hilary Mantel dans “A Place of Greater Safety” ont revisité cet épisode historique.

Le cinéma n’est pas en reste. De nombreux films ont représenté la prise de la Bastille, que ce soit dans des productions historiques comme “La Révolution française” (1989) de Robert Enrico et Richard T. Heffron, ou dans des œuvres plus fantaisistes comme “La Nuit de Varennes” (1982) d’Ettore Scola.

Les monuments et mémoriaux dédiés à cet événement

Paradoxalement, le principal monument commémorant la prise de la Bastille est… l’absence de la Bastille elle-même. L’emplacement de l’ancienne forteresse est aujourd’hui occupé par la place de la Bastille, au centre de laquelle se dresse la Colonne de Juillet. Cette colonne, érigée entre 1835 et 1840, ne commémore pas directement la prise de la Bastille, mais les Trois Glorieuses de juillet 1830. Néanmoins, elle est devenue par extension un symbole de la Révolution française dans son ensemble.

Le tracé de l’ancienne forteresse est marqué au sol par des pavés, permettant aux visiteurs de se faire une idée de ses dimensions. Des vestiges de la Bastille sont également visibles dans le square Henri-Galli, où l’on peut observer une partie des fondations de la tour de la Liberté.

À Paris, d’autres lieux rappellent cet événement historique. Le musée Carnavalet, dédié à l’histoire de Paris, conserve une importante collection d’objets liés à la prise de la Bastille, dont une maquette de la forteresse et des “pierres de la Bastille” transformées en souvenirs.

En province, de nombreuses villes ont donné le nom de “Bastille” à des rues ou des places, perpétuant ainsi le souvenir de cet événement fondateur de l’histoire nationale.

Conclusion

La prise de la Bastille du 14 juillet 1789 reste un événement majeur de l’histoire de France, dont les impacts historiques, politiques et culturels continuent de résonner jusqu’à nos jours. Elle marque symboliquement la fin de l’Ancien Régime et le début de la Révolution française, ouvrant la voie à des transformations profondes de la société française et européenne.

Sur le plan historique, la chute de cette forteresse a catalysé les forces révolutionnaires, précipitant la fin de l’absolutisme monarchique et l’émergence de nouveaux concepts politiques tels que la souveraineté populaire et les droits de l’homme. Bien que son importance militaire ait été limitée, sa portée symbolique a été immense, galvanisant le peuple français et inspirant des mouvements révolutionnaires à travers l’Europe.

Politiquement, cet événement a marqué un tournant décisif, contraignant la monarchie à des concessions majeures et ouvrant la voie à des réformes profondes qui allaient aboutir à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, puis à la Constitution de 1791.

Culturellement, la prise de la Bastille s’est imposée comme un symbole puissant de liberté et de résistance à l’oppression. Son influence se retrouve dans de nombreuses œuvres artistiques, de la peinture à la littérature en passant par le cinéma. La commémoration annuelle du 14 juillet comme fête nationale française témoigne de la place centrale qu’occupe cet événement dans l’identité nationale.

La prise de la Bastille reste un symbole universel de lutte contre l’oppression et d’aspiration à la liberté. Elle incarne l’idée que le peuple peut se soulever contre un pouvoir jugé injuste et changer le cours de l’histoire. C’est cette dimension universelle qui explique pourquoi, plus de deux siècles après les faits, cet événement continue de fasciner et d’inspirer bien au-delà des frontières de la France.

En définitive, la prise de la Bastille nous rappelle que l’histoire n’est pas seulement faite de grandes figures et de décisions prises en haut lieu, mais aussi de l’action collective de citoyens ordinaires capables de s’unir pour défendre leurs droits et leurs libertés. C’est peut-être là que réside sa leçon la plus précieuse pour notre époque.