Rebondir, se reconstruire, renaître de ses cendres. Voilà ce qui caractérise la résilience, cette fascinante capacité que possèdent les êtres vivants, les systèmes et même la matière. Tel le Phénix qui renaît après avoir été consumé, la résilience nous permet de nous relever après les épreuves les plus difficiles.
(Nom féminin). En psychologie, elle représente notre capacité à surmonter les traumatismes et à nous épanouir malgré l’adversité. Boris Cyrulnik, éminent spécialiste du sujet, la définit avec justesse comme “la capacité à réussir à vivre et à se développer de manière socialement acceptable en dépit du stress ou d’une adversité qui comportent normalement le risque grave d’une issue négative”.
Mais la résilience ne se limite pas à la psyché humaine. En écologie, elle décrit comment un écosystème parvient à retrouver son équilibre après une perturbation majeure. Comme une forêt qui repousse après un incendie. Cette notion s’est d’ailleurs propagée, telle une onde de choc positive, dans de nombreux domaines : économie, société, informatique, management…
Synonymes et termes associés
- Adaptation : cette force intérieure qui nous permet de nous ajuster face aux changements, comme un caméléon qui s’harmonise avec son environnement
- Résistance : tel un roseau qui plie mais ne rompt pas, elle représente notre capacité à tenir bon face aux difficultés
- Récupération : c’est ce moment où, après la tempête, nous retrouvons progressivement nos forces et notre équilibre
- Reconstruction : le processus qui nous permet de nous réinventer, de nous transformer après une épreuve
Exemples d’utilisation
En littérature
La résilience a inspiré les plus grands penseurs. Sénèque l’illustrait déjà magnifiquement : “La vie n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.” Une image saisissante qui résonne encore aujourd’hui.
Dans “L’Homme qui marchait dans sa tête”, Bernard Ollivier nous livre cette réflexion percutante : “La résilience, cette faculté de rebondir après les coups durs, ne s’acquiert pas dans les livres. Elle se forge dans l’adversité, comme l’acier dans le feu.”
Jean Giono, maître dans l’art de dépeindre l’âme humaine, nous offre dans “Les Âmes fortes” cette métaphore puissante : “Elle avait cette force particulière des arbres qui plient sous la tempête mais ne rompent pas, retrouvant leur droiture sitôt l’orage passé.”
Dans la vie quotidienne
La résilience. Elle est partout autour de nous. La preuve ?
- Cette petite boutique de quartier qui, face à la crise, s’est réinventée en créant une présence en ligne dynamique
- Cet enfant qui, malgré un contexte familial chaotique, développe des talents artistiques exceptionnels
- Cette communauté qui se soude et se relève après le passage dévastateur d’une catastrophe naturelle
Origine et étymologie
Plongeons dans les racines de ce mot fascinant. “Resiliens”, son ancêtre latin, provient de “resilire”. “Sauter en arrière, rebondir” : voilà ce que nous révèle le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey. Un préfixe “re-” pour le mouvement de retour, et “salire” pour l’action de sauter.
Le terme fait ses premiers pas en physique, au XIXe siècle. Il décrit alors la résistance des matériaux aux chocs. Mais c’est Michael Rutter qui, dans les années 1980, lui ouvre les portes de la psychologie.
En France, un homme va donner ses lettres de noblesse à ce concept : Boris Cyrulnik. Dans les années 1990, à travers “Les Vilains Petits Canards” (2001) et “Un merveilleux malheur” (1999), il développe et popularise sa théorie de la résilience psychologique.
Usage contemporain
Aujourd’hui, la résilience irrigue nos réflexions dans de multiples domaines.
En psychologie, elle éclaire notre compréhension du traumatisme et de la guérison. Les chercheurs ont identifié ses piliers : un entourage bienveillant, une solide estime de soi, la capacité à donner du sens aux épreuves traversées.
Face aux bouleversements climatiques, l’écologie en fait un concept central. Comment nos écosystèmes peuvent-ils absorber les chocs tout en préservant leur essence ? La réponse réside dans leur résilience.
Dans la sphère professionnelle, elle prend le nom de “résilience organisationnelle”. Une entreprise résiliente ? C’est celle qui transforme les crises en opportunités de renouveau.
Sources
- Rey, A. (2012). Dictionnaire historique de la langue française
- Cyrulnik, B. (2001). Les Vilains Petits Canards
- Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi)
- Rutter, M. (1985). Resilience in the face of adversity
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